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Martin Cernik
Snow 08/02/2002 Martin Cernik
Outre le fait d’être l’un des meilleurs freestylers européens, Martin Cernik est le 1er snowboarder des pays de l’Est à avoir percé sur le plan international.
Nom : Martin Cernik
Age : 25
Pays : République Tchèque
Années de snowboard : 9
Sponsors : Quiksilver, Lib Tech, Red Bull, Quik Eye Wear, Level, Northwave, Drake
A : Tu es le plus célèbre snowboarder venant d’Europe de l’Est. Dis-nous pour quelles raisons il n’y a pas plus de riders venant des pays de l’Est.
MC : Il y a plusieurs raisons à cela. Etant séparé du bloc de l’Ouest, le snowboard est arrivé assez tard chez nous. De plus, les gens ne sont pas très riches et le snow est un sport plutôt cher. Sur le peu de kids qui font du snowboard, une majeure partie est issue de familles aisées et fait surtout ça pour avoir l’air cool. Le ride est secondaire pour eux.

A : Parle-nous du ride en République Tchèque. Est-ce très différent du ride en France ou en Suisse ?
MC : Tout est plus petit. Les montagnes comme le niveau des riders. Nous n’avons pas de bons parks ni de bons pipes. Les conditions de ride sont beaucoup plus intéressantes dans les Alpes, à part pour cette année, où nous connaissons les plus grosses chutes de neige depuis 15 ans ! On se gave.
 
A : Parle-nous de ton pays.
MC : La République Tchèque est un pays formidable. J’aime bien me balader quand je suis chez moi. Les gens sont chaleureux, la bière est bon marché et les filles très belles. C’est une destination touristique à conseiller pour les gens de l’Ouest. La meilleure période pour visiter est le printemps et l’été pendant la haute saison su sk8. Nous avons un nombre impressionnant de skateparks.

A : Comment les gens considèrent-ils les sports d’hiver chez toi ?
MC : Le sport-roi est de loin le hockey sur glace. Le snow est plus en truc de jeunes mais c’est en train de monter.
 
A : Comment ta carrière a-t-elle débuté ?
MC : J’ai commencé par le skateboard à 14 ans. Il n’y avait pas de shops et on devait construire nos skates nous-mêmes ! Ensuite, j’ai vu du snowboard à la télévision, j’ai alors cherché du matériel. J’ai acheté mon premier matos d’occasion pour 3000 CZK (90 €). Une planche en bronze avec des plaques. Mais le vrai problème est que la planche était montée en regular alors que je skatais goofy. Je l’ai ridé quand même, et depuis, je suis goofy. J’ai ensuite travaillé tout l’été pour m’acheter des coques et des boots. I was set to kick ass ! Je montais alors chaque week-end en station, à 80 km de chez moi, pour apprendre les premiers tricks.
 
 
A : Tes parents t’ont-ils encouragé ?
MC : Bien sur. Ils ne m’ont pas acheté mon matos mais m’ont aidé financièrement pour les navettes et les forfaits. Le reste était « punk squating » mais c’était cool. J’ai appris à me débrouiller avec peu d’argent et c’est devenu utile pour plus tard, surtout quand j’ai commencé à voyager dans les Alpes, là où tout était super cher.
Je dois beaucoup à mes parents. Ils m’ont laissé beaucoup de libertés dès l’adolescence. Je pouvais faire un peu ce que je voulais. En ce sens, j’ai eu de la chance de terminer snowboarder. Beaucoup de mes amis de l’époque ont fini en prison ou travaillent dans des business assez spéciaux et avec des gens aux méthodes peu conventionnelles, si tu vois ce que je veux dire.
 
click me ! A : Comment ta carrière a-t-elle débuté ?
MC : J’ai commencé par des contests en République Tchèque. C’était vraiment sympa. Tout le monde était heureux de découvrir quelque chose de nouveau. On était une vraie famille. J’ai progressé d’années en années et ai trouvé un premier sponsor chez une marque locale. Je suis ensuite allé sur un camp d’été en Suisse, avec le Van de mon père, et dans lequel j’ai habité pendant un mois. Le niveau des Suisses et des Français était incroyable, j’ai beaucoup appris. Après mon retour, j’ai gagné 2 fois le titre de Champion de République Tchèque, puis ai attaqué les Coupes du Monde ISF. Je suis allé à l’ISPO et ai trouvé de nouveaux sponsors. Cette nouvelle énergie m’a permis de me consacrer 100 % au snowboard, de voyager et de progresser énormément.

A : Tu es allé en Alaska la saison dernière...
MC : Oui, c’était ma première fois et c’était vraiment comme dans un rêve. La nature, les pentes raides, le danger... On ne peut pas tricher là-bas. J’espère y retourner bientôt.

A : Quels sont tes plans pour cette saison ?
MC : Mon plan est de ne pas en avoir. J’aime improviser en essayant de tirer mon épingle du jeu dans chaque situation de la vie.
 
Martin et sa môman
 
Photos: Eric Bergeri
 
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